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COMMENTAIRES
SUR LA REGLE DE SAINT BENOIT

Chapitre 20, Versets 1 à 5
DE LA REVERENCE DANS L'ORAISON.

1. Si, lorsque nous voulons présenter quelque requête aux hommes puissants, nous n'osons le faire qu'avec humilité et révérence,

2. combien plus devons-nous supplier le Seigneur Dieu de l'univers en toute humilité et très pure dévotion !

3. Et ce n'est pas par l'abondance des paroles, mais par la pureté du cœur et les larmes de la componction que nous serons exaucés, sachons-le bien.

4. Aussi l'oraison doit-elle être brève et pure, à moins qu'elle ne vienne à se prolonger sous l'effet d'un sentiment inspiré par la grâce divine.

5. En communauté, cependant, le temps de l'oraison sera tout à fait bref, et dès que le supérieur aura donné le signal, on se lèvera tous ensemble.

Commentaire de Père Abbé Luc

En entendant ces lignes qui nous laissent pressentir l'expérience de prière de Benoit, nous pouvons nous dire au moins une chose : la prière reste un mystère. Je ne sais pas bien prier. La prière est devant moi comme un chemin toujours à parcourir. Non abondance de paroles, comme Jésus le suggérait déjà, mettant en garde contre un rabâchage trop païen. Car le païen a le souci avant tout de se concilier la divinité. En christianisme au contraire, il ne s'agit pas de se concilier notre Dieu, mais de nous laisser réconcilier avec Lui. Tel est son désir comme l'a fortement pressenti Paul: « Laissez-vous réconcilier avec Dieu» (2 Co 5,20). Dans cette lumière, dès lors qu'est-ce que prier? St Benoit parle de pureté du cœur. des larmes de la componction et d'un sentiment inspiré par la grâce divine qui peut conduire à prolonger la prière. li ne parle pas de méthode, ni de temps précis, mais plutôt d'une qualité de présence qui fait signe de l'œuvre de réconciliation qui s'opère dans le cœur. La pureté du cœur, faite d'humilité et de charité selon Cassien et les pères du désert, porte la signature de la grâce divine. Le coeur ne cherche pas son avantage, ni n'est préoccupée de lui-même. li est là. Il s'offre au travail de Dieu, à son silence comme à sa paix, à l'aridité comme à la joie. Il est présent parce que Dieu est là, même s'il semble si souvent absent. Les larmes de la componction sont plus difficiles à comprendre à notre esprit moderne devenu très rationnel. Mais nous pouvons y reconnaitre là un autre fruit de la réconciliation que Dieu opère dans notre cœur : la reconnaissance de notre état de pécheur qui, laissé à lui-même, est le plus souvent enclin à ne s'occuper que de soi, étant si peu sensible au malheur des autres. Pleurer ses péchés était pour les anciens une sorte de grâce de clairvoyance sur soi qui rendait d'emblée compatissant à toute détresse ou faiblesse du prochain. Elle était synonyme d'ouverture confiante à la grâce qui sauve et qui pardonne les péchés. De cette expérience, nous pouvons retenir combien il peut être profitable de cultiver cette connaissance de soi qui va s'approfondissant avec la confiance en Dieu qui seul peut guérir notre être pécheur. Nous reconnaitre pécheur, c'est nous tenir un peu plus ouvert à·1 œuvre de grâce, avec un cœur ouvert el un e.1pril brisé (Ps 50, 19). Chacun de nous a déjà fait cette expérience lorsque la conscience vive du péché nous blesse fortement, de se jeter aux pieds du Seigneur au lieu de se lamenter sur soi et sur son image brisée. Le fruit de paix et de douceur qui est donné et qui nous relève alors, nous laisse entrevoir combien le Seigneur est proche du cœur brisé (Ps 33,19; 146,3) et que cette prière-là lui agréé tout particulièrement.