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SUR LA REGLE DE SAINT BENOIT

Chapitre 35, Versets 12 à 18
DES SEMAINIERS DE LA CUISINE.

12. Quand il n'y a qu'un repas, les semainiers recevront auparavant, en plus de la ration normale, un coup à boire et un pain chacun,

13. pour que, au moment du repas, ils servent leurs frères sans murmure et sans trop de fatigue.

14. Mais aux jours sans jeûne, ils attendront jusqu'aux grâces.

15. Le dimanche, aussitôt après la fin des matines, les hebdomadiers entrant et sortant se courberont à tous les genoux à l'oratoire, en demandant que l'on prie pour eux.

16. Celui qui sort de semaine dira ce verset : « Tu es béni, Seigneur Dieu, qui m'as aidé et consolé. »

17. L'ayant dit trois fois, celui qui sort recevra la bénédiction. Puis celui qui entre continuera en disant : « Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, hâte-toi de m'aider. »

18. Tous répéteront les mêmes mots par trois fois, et ayant reçu la bénédiction, il entrera.

Commentaire de Père Abbé Luc

Dans ce chapitre sur les semainiers de la cuisine, je suis frappé par la grande place donnée au passage de fonction entre les servants d'une semaine et ceux de la semaine suivante. On ne dit pas ce qui se passe dans le travail de la cuisine, mais comment va se faire le changement d'équipe. On a déjà vu les consignes sur le lavage des effets des linges et la reddition des ustensiles, mais aussi sur le lavage mutuel des pieds. Aujourd'hui après la possibilité offerte aux servants de prendre quelques aliments avant les autres, on nous expose le rite vécu à l'oratoire qui consiste à prier pour les entrants et les sortants du service.
Aurions-nous la même manière d'aborder le service de la cuisine aujourd'hui? Ne parlerait-on pas plutôt de la manière de se répartir le travail, du temps passé ou de la manière d'équilibrer les menus, dans une perspective plus technicienne soucieuse d'efficacité... Ici, St Benoit s'arrête à la dimension symbolique du service mutuel. Son souci semble être : comment bien signifier qu'à la cuisine, et ailleurs, l'on est vraiment au service les uns des autres. Un premier point le signifie : le soin apporté au lavage et au rangement des linges et ustensiles qui manifeste qu'aucun n'est propriétaire de ces effets. Ensuite le lavement des pieds signifie que nous sommes serviteurs au pied les uns des autres. Troisième aspect, si on peut prendre quelques aliments avant, on mange après les autres. Et enfin la prière comme celle_qu'on a le samedi, rappelle que le service ne va pas de soi. Sans la grâce du Seigneur, il reste difficile.
Cette dernière notation de la prière en vue du service mutuel nous redit combien dans notre vie monastique, il n'y a pas d'un côté les activités et les services, et de l'autre la prière liturgique ou personnelle. Tout notre quotidien est appelé à être prière, habité par la prière. Mais de quel genre de prière s'agit-il? La prière est ici fortement liée au désir de se donner, se donner à Dieu et aux frères. Dans ce désir, la prière anime !'agir d'un élan joyeux autant qu'efficace. Elle peut même remplir le cœur d'allégresse, de la joie simple et profonde d'accomplir son devoir sous le regard de Dieu. Le travail devient alors prière parce que l'être s'unifie tout entier dans le don de soi. Mais il y a des jours, où nous sommes ailleurs, préoccupés par autre chose, comme écartelé entre ce que l'on fait et des pensées centrifuges. Nous vivons le service ou le travail comme un fardeau, comme une obligation. Le « Dieu viens à mon aide » du petit rituel hebdomadaire prend tout son sens. Oui, quand nous peinons, sachons nous tourner vers Celui en qui notre vie s'unifie, en qui notre travail aussi pénible soit-il prend sens. Dans la force du Seigneur, le service des frères devient possible.