Homélies
Liste des Homélies
Année A - 2e DIMANCHE DU TO – 12 janvier 2020
Is 49, 3.5-6 – 1 Co 1, 1-3 – Jn 1, 29-34
Homélie du f. Hubert
« Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde. »
Parole de Jean-Baptiste, que nous entendons à chaque eucharistie, avant de communier.
Qu’est-ce que cela veut dire ?
Chrétiens massacrés, églises profanées au Burkina Faso ; tueries, décapitations au Nigeria ;
en France : crèches et statues détruites, cimetières juifs profanés,
règne de la force et du mensonge, du refus de l’autre, guerres par morceaux…
Divisions, susceptibilités, rivalités, entre chrétiens, et à l’intérieur même des Eglises…
Abus de pouvoir et de conscience, incestes, perversion… blessures à vie, …
« Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde. »
Qu’est-ce que cela veut dire ?
Le sang de l’agneau pascal a protégé les hébreux de la mort, la nuit de la sortie d’Egypte.
L’Agneau de Dieu a versé lui-même son sang pour protéger tous les hommes :
par lui le "salut" de Dieu peut parvenir "jusqu'aux extrémités de la terre"
et au plus profond de nous-mêmes.
Nous avons célébré dimanche dernier le Baptême du Christ :
Jésus a voulu vivre là un geste symbolique manifestant sa solidarité avec les pécheurs
– le contraire du refus de l’autre – ;
et Dieu a « manifesté en lui sa splendeur » : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui je trouve ma joie. »
Au terme de sa vie publique, Jésus a vécu, non plus le symbole, mais la réalité :
il a pris la place du péché sur la croix,
pour que le pécheur soit libéré du péché.
Et Dieu a « manifesté en lui sa splendeur » en le ressuscitant des morts.
Dieu ne supporte pas le péché ; Dieu ne supporte pas que l’homme soit détruit par le mal.
Alors, Jésus, le Fils bien-aimé, porte lui-même le péché, il prend sur lui le mal, pour l’enlever.
« Dieu l’a identifié au péché, afin qu’en lui, nous devenions justes de la justice même de Dieu ».
L’Agneau de Dieu rend au pécheur – à l’homme blessé comme à l’homme agresseur – son vrai visage.
Dieu se laisse défigurer pour que l’homme retrouve son humanité.
Le péché, c’est ce qui abîme l’homme, dans sa relation à Dieu, aux autres, à la création, à lui-même.
La grâce, c’est tout ce qui établit l’homme dans la lumière, dans des relations heureuses et fécondes ;
ce qui restaure l’homme quand il est abîmé.
Puisque nous nous abîmons nous-mêmes, puisque nous nous abîmons les uns les autres, Dieu nous restaure.
C’est cela ôter le péché.
Dieu nous promet un ciel nouveau et une terre nouvelle où il n’y aura plus de mal.
La lumière de la Jérusalem céleste c’est précisément l’Agneau, qui ôte le péché en le prenant sur lui.
Innocent, nous l’avons condamné et rejeté ;
pécheurs, accusateurs, il nous a justifiés et unis à lui.
Lumière des nations, Alliance nouvelle,
il s’est laissé anéantir, prendre figure inhumaine et coupable, jusqu’à la mort,
pour que l’humanité soit délivrée de son inhumanité, et revête la splendeur même du Dieu saint.
« Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde. »
Laissons-nous saisir par cette parole que nous l’entendons à chaque eucharistie,
avant de communier au mystère de l’amour sauveur :
Quand nous communions au Corps et au Sang du Christ,
nous recevons celui qui enlève notre péché,
celui qui enlève le péché du monde entier,
celui qui nous baptise et baptise le monde entier dans l’Esprit Saint.
« Rendons grâce à Dieu le Père… dit Paul.
Nous arrachant au pouvoir des ténèbres, il nous a placés dans le Royaume de son Fils bien-aimé :
en lui nous avons la rédemption, le pardon des péchés. »
Il nous rend à notre humanité et nous divinise.
Et pas seulement de chacun de nous, individuellement,
ni un peuple choisi – Israël ou l’Eglise – mais le monde entier :
« C’est trop peu que tu sois mon serviteur
pour relever les tribus de Jacob, ramener les rescapés d’Israël :
je fais de toi la lumière des nations,
pour que mon salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre. »
Baptisés dans le baptême du Christ, puissions-nous, avec le psalmiste, répondre :
« Tu as ouvert mes oreilles ; alors, j’ai dit : « Voici, je viens » ».
- 12 janvier 2020
année A - 12 janvier 2020 -- Fête du Baptême du Seigneur
Is 42,1-4.6-7 ; Ac 10,34-38 ; Mt 3,13-17
Homélie du F.Damase
Le prophète Ézéchiel avait annoncé qu’à la fin des temps l’Esprit de Dieu unirait tous les humains dans une communauté stable :
Je répandrai sur vous une eau pure et vous serez purifiés...
Et je vous donnerai un cœur nouveau, je mettrai en vous un esprit nouveau...
Je mettrai mon esprit en vous ...
Vous serez mon peuple et moi je serai votre Dieu. (Ezéchiel 36, 25-28)
À travers les lectures de cette Fête du Baptême du Seigneur, nous entendons la voix de cet Esprit de Dieu, le murmure de ce souffle, la brise légère entendue par Ézéchiel sur le mont Sinaï.
Dans la première lecture, le prophète Isaïe annonce comment cet esprit plein de tendresse reposera d’abord sur le Messie, le Serviteur de Dieu : « J’ai fait reposer sur lui mon esprit...Il ne criera pas, il ne haussera pas le ton... Il n’écrasera pas le roseau froissé, il n’éteindra pas la mèche qui faiblit. »
Ceci se réalise au moment où Jésus descend dans les eaux du Jourdain. Les cieux s’ouvrent, l’Esprit de Dieu descend sur lui sous la forme d’une colombe et la voix du Père se fait entendre : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé ; en lui j’ai mis tout mon amour. » On sent qu’on passe alors d’un Testament à l’autre. En effet, toute cette atmosphère d’amour et de tendresse contraste avec le caractère abrupt du style de vie et de la prédication de Jean le Baptiste (Ne disait-il pas aux Pharisiens et aux Sadducéens : « Engeance de vipères, qui vous a suggéré d’échapper à la Colère prochaine ? »).
À partir du moment où Jésus, le Fils de Dieu, est descendu dans l’eau du Jourdain avec tous les pécheurs qui venaient faire pénitence, et qu’il assumait ainsi toute notre condition humaine, les cieux – qui représentent la demeure de Dieu – sont ouverts et resteront ouverts. Désormais une communication ininterrompue entre le ciel et la terre est possible. Une relation d’amour entre le Père et tous ceux qui ont reçu l’Esprit de son Fils bien-aimé peut se réaliser. Non seulement la prière continuelle mais l’union contemplative devient une réelle possibilité, une vocation pour chacun de nous.
Au début de la création (Gen 1,2) le Souffle de Dieu planait sur les eaux et en les agitant en faisait jaillir la vie. C’est le même Souffle de Dieu qui est descendu sur Jésus dans les eaux du Jourdain, tout comme il était descendu sur Marie pour en faire la Mère de Dieu. Ce même Souffle, ce même Esprit est descendu sur chacun de nous le jour de notre baptême. Il nous a alors donné la mission d’apporter la paix, la bonté, la compassion, l’amour dans un monde toujours si rempli de violence et de revanche, d’attaques et de contre-attaques.
Ce qu’Isaïe décrit comme l’attitude du Serviteur devient pour nous une mission ou un mot d’ordre :
Il n’écrasera pas le roseau froissé,
il n’éteindra pas la mèche qui faiblit,
il fera paraître le jugement en toute justice.
Puissions-nous tous être dans notre monde des artisans de paix remplis de compassion et de compréhension, nous qui, dans le Christ, sommes les bien-aimés de Dieu.
527 mots
Année A - EPIPHANIE - 05.01.2020
Is 60, 1-6 ; Ep 3, 2-3a.5-6 ; Mt 2, 1-12
Homélie du Père Abbé Luc
Frères et sœurs,
« Debout, Jérusalem, resplendis ! Elle est venue ta lumière, et la gloire du Seigneur s’est levée sur toi »… c’est avec ces mots qui résonnent depuis des siècles dans les assemblées juives et chrétiennes que le prophète Isaïe nous appelle à nous redresser dans l’espérance et à ouvrir nos yeux ce matin… Ouvrir les yeux de la foi, de la confiance en la promesse divine qui est fidèle. Mystérieuse lumière qui ne fait pas nombre avec les ténèbres, puisque le prophète ajoute aussitôt après : « voici que les ténèbres couvrent la terre, et la nuée obscure couvre les peuples ». Cette lumière-là inséparable de la gloire du Seigneur ne chasse pas les ténèbres, elle les traverse. « La lumière brille dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas arrêtées » nous assure St Jean dans le prologue de son évangile. Selon notre manière spontanée de regarder la réalité physique, de façon binaire, nous aimerions que s’il y a lumière, il n’y ait plus ténèbres. La lumière divine qui se lève depuis les temps anciens traverse les ténèbres. Elle nous permet d’habiter avec les ténèbres, non de les faire disparaitre en ce monde
…
A la reconnaissance de cette lumière, tous les peuples sont conviés. Ils accourent vers elle à la manière des mages venus d’Orient, qui suivent leur étoile… Faible lumière de l’astre qui a lui dans leur nuit…à la manière de la vie, cette vie dont Jean nous dit « qu’elle était la lumière des hommes ». Les mages ont fait confiance à la vie et ils sont partis sans bien savoir où ils allaient. Ils se sont laissé guider par la vie, cette belle et fragile lumière pour aller vers la Vraie Lumière, un enfant, le Verbe fait chair. Cet enfant, attendu par le peuple juif pour être son chef, son berger, est reconnu d’abord par les étrangers venus de loin qui ont été à l’écoute de la vie. Le roi Hérode et les scribes avaient les Ecritures, mais les avaient semble-t-il un peu oubliées… Ils ne sont pas prêts à se prosterner devant le Vrai Roi. Hérode veut se renseigner, mais non se mettre vraiment à l’écoute. Il n’attend plus et ne cherche plus la Vraie Lumière, car peut-être n’est-il plus déjà à l’écoute de la Vie.
Les mages reconnaissent le Vrai roi dans cet enfant couché dans une mangeoire entre ses parents, deux pauvres de la lignée de David. Ils offrent l’or, l’encens et la myrrhe parce qu’ils ont reconnu sa gloire, non la gloire humaine qu’il n’a pas du tout, mais la gloire que cet enfant tient de son Père, comme Fils unique, plein de grâce et de vérité, pour reprendre les mots de Jean. L’or confesse sa dignité royale, l’encens atteste son origine divine et la myrrhe annonce sa destinée mortelle. Le Vrai Roi qu’ils adorent ne fait pas nombre avec les autres rois, comme la Vraie Lumière ne fait pas nombre avec la lumière et les ténèbres humaines. Son pouvoir ne s’étend pas sur des territoires, mais sur des cœurs. Il n’appelle pas la soumission servile, mais la révérence aimante. « Clarté d’en haut », il est venu se révéler dans la faible lueur d’un visage d’homme, jusqu’à se laisser obscurcir dans la défiguration de la passion. Il a traversé les ténèbres pour resplendir dans la pleine lumière de la Résurrection.
En cette eucharistie, accueillons de manière plus confiante cette Clarté d’en haut, en nous laissant guider vers elle par la vie. Tournons-nous vers le Christ, le Verbe fait chair, la Vraie lumière « avec un cœur plus aimant », sans crainte devant ce roi qui veut notre liberté. Offrons-lui l’or à travers notre générosité pour tous les êtres qui attendent de nous la reconnaissance de leur dignité royale. Présentons-lui l’encens de notre prière fidèle et persévérante, témoignage pour nous et pour le monde qu’Il est la Vraie Lumière. Apportons-lui la myrrhe, l’attestation de notre foi que sa mort est vraiment passage vers la vie, et que nos ténèbres et nos morts ne peuvent faire obstacle à sa Vie offerte en plénitude. - 5 janvier 2020
Année A -SAINTE MARIE MERE DE DIEU - 01.01.2020
Nb 6, 22-27 ; Ga 4, 4-7 ; Lc 2, 16-21
Homélie du Père Abbé Luc
Frères et soeurs,
« Marie retenait tous ces évènements et les méditait dans son cœur »… Nous imaginons Marie repassant dans son esprit les paroles des bergers qui ont raconté la vision des anges et leur parole : « aujourd’hui vous est né un sauveur qui le Christ, c’est-à-dire le Messie que tout juif attendait, le Seigneur ». Nous imaginons Marie se remémorant les évènements de l’enfantement, des moments uniques et inoubliables pour une femme. Et tout ceci ne peut que faire écho en son cœur avec les paroles de l’ange Gabriel lui annonçant qu’elle va concevoir un fils, qui sera « appelé Fils du Très-Haut, Fils de Dieu »… Que d’évènements, que d’émotions, que de paroles fortes si peu banales…Ainsi Marie en présence de son enfant nouveau-né qu’elle allaite, lange et cajole, roule dans son esprit et son cœur tout cela. Nous touchons dans cette scène racontée par l’évangéliste Luc, le profond travail d’intelligence qu’a dû faire Marie. De cette façon, elle s’est disposée intérieurement pour se prêter toute entière à sa mission de Mère du Sauveur, de Mère de Dieu comme on le dira plus tard pour bien faire comprendre comment Dieu a été proche jusqu’à devenir enfant, « né d’une femme, soumis à la Loi ». Voilà comment Marie une femme, une sœur de chez nous, a appris son métier de Mère de Dieu, pour dire familièrement les choses.
Commencer l’année en regardant ainsi Marie, peut nous être d’un bon secours pour mener au mieux notre vie de chrétien et de fils de Dieu. Comment faire pour que tous les évènements de l’année qui s’ouvre nous soient vraiment profitables et utiles ? Comment faire pour que notre quotidien nourrisse notre vie chrétienne et serve au projet de Dieu sur nous et sur le monde ? Avec Marie, il nous faut apprendre à comprendre notre vie quotidienne et les évènements qui la parsèment à la lumière du dessein de Dieu sur nous et sur le monde. Nos vies peuvent trouver à cette lumière un éclairage nouveau et plus profond. Pour cela, il nous faut apprendre comme Marie à faire silence, à nous recueillir de temps en temps pour retenir les choses importantes et à les méditer à la lumière de la Parole de Dieu qui donne du sens et du poids à nos réalités humaines… Comment faire ? Peut-être pouvons-nous être attentifs aux passages des Ecritures qui nous touchent, ou bien à une hymne ou une prière de la liturgie, pour les retenir, les apprendre par cœur afin de les retourner dans notre cœur. A cette lumière, du sens pourra peut-être jaillir. Peut-être pouvons-nous à l’école de la Vierge Marie, réciter le chapelet en méditant les grands moments de la vie de Jésus, « les mystères », qui éclairent le dessein de Dieu sur l’humanité, et du coup qui peuvent éclairer notre propre vie… Peut-être pouvons-nous laisser la liturgie nous enseigner par sa façon de donner du sens avec les paroles qui se recoupent, qui se complètent dans la méditation du mystère de Dieu et de son amour pour nous. Hier soir aux vigiles, le dernier chant de louange le faisait magnifiquement. Il chantait la louange de Dieu, Père, Fils et Saint Esprit, en rappelant à travers toute l’histoire du peuple d’Israël, combien notre Dieu nous crée sans cesse, combien il nous sauve et combien il vient nous parler d’âge en âge… toute l’histoire humaine est une histoire d’alliance entre Lui et l’humanité. A cette lumière, notre petite vie, notre quotidien le plus banal peut trouver sens, et recevoir force, goût et joie en s’insérant dans ce projet d’alliance que notre Dieu désire tisser avec chacun et avec tous.
En ce jour, appuyons-nous sur la prière de Marie, Mère de Dieu, notre sœur et notre Mère, pour avec elle oser avancer dans cette année avec le désir d’être plus à l’écoute de la Parole de Dieu qui fait sens. - 1 janvier 2020
Année A -Messe de la nuit NOEL 2019
Is 9, 1-6 ; Tt 2, 11-14 ; Lc 2, 1-14
Homélie du Père Abbé Luc
Frères et sœurs,
Comment reconnaitre l’invisible dans le visible ? Comment habituer notre regard intérieur à voir, à reconnaitre ce que les yeux de chair ne verront jamais ? N’est-ce pas à cet exercice que nous entraine l’évangéliste Luc dans le récit que nous venons d’entendre, pour reconnaitre dans l’enfant nouveau-né, le Messie, le Seigneur d’Israël ? D’un côté, il nous montre un enfant nouveau-né ordinaire, de l’autre, à quelques lieux de là, il relate la présence d’anges qui prétendent que cet enfant est le Messie attendu, le Seigneur. D’un côté, Luc situe cet enfant dans l’histoire très concrète d’un peuple appelé à se faire recenser, de l’autre il suggère par la troupe céleste innombrable que la gloire invisible de Dieu donne à ce moment de l’histoire une dimension tout autre. Luc semble nous dire qu’il nous faut lire l’évènement sur deux registres pour ne pas passer à côté de son sens : celui de l’enracinement dans notre terreau humain et celui de l’irruption divine dans notre histoire. Et qui est chargé de faire le lien entre les deux registres ? Ce sont les bergers. Ces témoins improbables sont convoqués pour aller reconnaitre l’évènement et à en manifester la portée, comme la suite du récit l’atteste, lorsqu’ils vont raconter tout ce qui leur a été dit au sujet de cet enfant. A eux revient de nouer le sens véritable de cette naissance apparemment banale. Et il leur est donné un signe, un signe incongru au regard du message entendu : le Messie annoncé sera reconnaissable dans un nouveau-né couché dans une mangeoire.
Des anges, des témoins les bergers, un signe… voilà la manière avec laquelle Luc veut nous entrainer à reconnaitre l’invisible dans le visible le plus banal… Il ne s’agit pas de preuves, mais plutôt d’indices qui, liés ensemble permettent d’avancer sur le chemin de la foi. Pour croire qu’en Jésus, petit enfant, puis devenu adolescent et homme mûr, nous avons le Messie, le Fils de Dieu fait chair, il nous faut garder ensemble, et les paroles angéliques, et les témoignages et les signes. Paroles angéliques, me direz-vous, nous n’en entendons pas souvent. Nous n’avons pas eu d’apparitions d’anges. Dans le langage biblique, elles expriment toutes les paroles léguées par les Ecritures, qui nous mettent en présence de Dieu et à l’écoute de son dessein de salut pour le monde. A travers les Ecritures, Dieu ne cesse de se communiquer. Et les témoignages ? Nous les avons nombreux depuis les apôtres et les évangélistes jusqu’à ceux qui nous ont transmis la foi. Ils nous rapportent la manière avec laquelle ces témoins ont été touchés par le message de Jésus, Fils de Dieu fait homme, et comment cela a transformé leur vie. Ces témoignages nous nous les partageons continuellement en priant ensemble et en célébrant le mystère de notre foi en Eglise. Et les signes ? Chacun peut les découvrir dans son existence concrète et les discerner à l’aulne des signes éminemment christiques dans lesquels le Christ a voulu se faire connaitre en priorité : la croix, le plus petit d’entre les humains, le pain partagé dans l’eucharistie, le service du frère. Un signe qui serait trop en distance de ceux-là risque fort d’être une idole qui loin de conduire à la connaissance du vrai Dieu en Jésus-Christ, nous en éloignerait.
Frères et sœurs, ce soir, accueillons notre Dieu qui s’est rendu visible en Jésus, et qui se donne en cette eucharistie. Laissons-le-nous entrainer dans cet admirable échange par lequel nous deviendrions semblables à Lui. - 24 décembre 2019
Année A - 4e dimanche de l’Avent - 22 décembre 2019
Isaïe 7, 10-16 ;Romains 1, 1-7; Matthieu 1, 18-24
Homélie du F.Ghislain
Nous nous préparons à fêter Noël dans des circonstances difficiles, qui vont mettre un certain climat de tristesse, sinon d’amertume à nos célébrations. En fait, ces sentiments pénibles viennent du fait que les circonstances nous touchent aujourd’hui de près. Si tout allait bien chez nous, nous serions plus sereins, mais à condition d’oublier que cela va mal ailleurs. Dans les évangiles lus à la fin de l’année liturgique qui vient de se terminer, nous avons entendu le récit des signes dramatiques qui accompagneront la venue du Seigneur. Quand nous voyons la marche houleuse aujourd’hui de toutes les parties du monde, parfois nous nous disons : « mais qu’est-ce qui manque aux catastrophes, et alors pourquoi le Seigneur ne vient-il pas ? »
Mais regardons comment les choses se sont passées pour la venue du Seigneur. Dans la première lecture, il est annoncé comme Dieu avec nous. Si nous y pensons, c’est une annonce extraordinaire, inimaginable…Or comment s’est-elle réalisée ? Une venue discrète, incompréhensible même à ceux qui en ont été les acteurs. Et quels acteurs ? un ouvrier et sa jeune femme. Et, si nous regardons la fin de l’évangile de saint Matthieu dont nous avons ici le début, nous voyons que Jésus ressuscité est apparu à un tout petit groupe d’hommes après s’être manifesté à quelques femmes. C’est à cette poignée d’êtres humains qu’il confie la mission universelle, et alors il reprend la prophétie d’Isaïe entendue au début : « je suis avec vous tous les jours ». Jésus, Emmanuel à sa naissance, Emmanuel à sa résurrection. Et dans les deux cas, une extraordinaire discrétion dans un monde aussi troublé que le nôtre. Un peu le contraire de ce qu’on aurait attendu.
S’il en est ainsi, comment pouvons-nous vivre ce Noël ? Je pense : pas autrement que les destinataires de l’annonce évangélique : celle faite à Zacharie, à Joseph, à Marie, et, à l’autre bout, celle aux disciples en Galilée...Chacun d’entre nous ne serait-il pas invité à entendre, là où il est, là comme il est : « Je te salue, François, Jean-Marie, Isabelle, Nicole… le Seigneur est avec toi », et à percevoir quelle mission lui est confiée ? Déjà, au temps des Juges, un homme parmi d’autres israélites, Gédéon, avait reçu la visite d’un ange qui lui avait dit : « Le Seigneur est avec toi », et il avait répliqué : « si le Seigneur est avec nous, pourquoi les choses vont-elles si mal ? » Et l’ange l’avait envoyé sur le champ de bataille, mais avec un contingent de soldats non pas considérable, mais au contraire toujours plus petit.
S’il en est ainsi, chacun d’entre nous, pourrait prendre un peu de temps, se recueillir seul devant Dieu, entendre dans le silence la salutation de Dieu et poser humblement la question de Marie : « comment cela se fera-t-il ? » Comment puis-je laisser éclore en moi l’Emmanuel qui s’y trouve, comment discerner, pour ma part, ce que veut dire être « Dieu avec nous » pour les hommes et femmes que je rencontre, en ce moment, en ce temps de mouvements sociaux comme on dit, mais peu à peu dans toute ma vie.
Chacun de nous aura sa réponse, s’il veut bien prendre le temps de poser la question. De toutes manières elle sera une invitation à continuer ce qui a été essentiel dans la vie de Jésus : s’il est toujours avec nous, c’est pour nous pousser à faire comme lui. Or il a sans cesse prié son Père et nous a enseigné à le faire ; puis il a sans cesse répété à ses disciples : « aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ». S’il y ces deux choses, concrètement mises en œuvre, prière et souci des autres aujourd’hui, là où nous sommes le Royaume des Cieux sera un peu plus annoncé et établi.
Frères et sœurs, comment le monde tient-il encore debout aujourd’hui ? Nous en sommes convaincus : par ce réseau invisible mais réel et serré de ceux que le pape François appelle « les saints de la porte à côté ». Nous en connaissons quelques-uns, de ces saints ; il y en a beaucoup d’autres : dans l’Eglise catholique, certes, mais aussi dans les autres communautés chrétiennes, dans les autres religions, et parmi ceux-mêmes qui, ne croyant pas, ne peuvent prier le Père mais qu’un instinct intérieur pousse à s’engager pour les autres et le font selon leur conscience : seuls, dans des associations, en politique, dans les syndicats... cherchant non à faire triompher des idées mais à y être des instruments de paix
Ecoutons aujourd’hui la salutation de l’ange qui, bien des fois déjà, mais à nouveau aujourd’hui, nous dit que le Seigneur est avec nous, qu’une part, même minime de l’Emmanuel, nous est confiée, et désirons entendre et répondre. Rejoignons ce réseau essentiel d’hommes et femmes de bonne volonté. Cela contribuera à changer la face du monde : c’est possible car l’Esprit-Saint nous a été donné que la puissance de Dieu transfigure notre petitesse et que « le Seigneur est avec nous ». - 22 décembre 2019
Année A -3e dimanche AVENT - (15/12/2019)
(Is 35, 1-6a.10 – Ps 145 – Jc 5, 7-10 – Mt 11, 2–11)
Homélie du F.Jean-Louis
Frères et sœurs,
La liturgie de ce dimanche nous oriente nettement vers la fête de Noël, la naissance du Christ. Le chant d’entrée, la première lecture ainsi que le psaume sont bien dans le thème de l’espérance et de la joie. La prière d’ouverture nous tourne également vers la naissance du Christ.
Pourtant la seconde lecture indique qu’il faut être patient et même ne pas gémir les uns contre les autres. Tout n’est pas idéal dans le meilleur des mondes !
Quant à l’évangile, on y lit sans peine le désarroi de Jean-Baptiste. Il avait annoncé – c’était dimanche dernier – un Messie qui mettrait la cognée à la racine des arbres et tout arbre qui ne produirait pas de bon fruit serait coupé et jeté au feu. Il annonçait également un feu qui ne s’éteint pas. Nous savons le succès qu’a eu cette image dans les représentations ultérieures de l’Enfer.
Or, ce n’est pas ce genre de Messie qui se présente. Jean est troublé et doute. Il en arrive même à faire demander publiquement à Jésus s’il ne faut pas attendre quelqu’un d’autre, c’est assez audacieux mais témoigne sans doute de son grand désarroi !
Le Christ répond à partir d’une citation du prophète Isaïe qui est proche, dans son esprit, de la première lecture de ce dimanche (salut des aveugles, des sourds, des boiteux), proche aussi du psaume chanté tout à l’heure : les pauvres et les accablés sont sauvés.
Ceci dit, il faut bien constater que Jésus confirme le ministère de Jean, son envoi par Dieu, le considérant comme étant bien plus qu’un prophète tout en signalant que le plus petit dans le Royaume des Cieux est plus grand que lui.
Que tirer de ces textes aujourd’hui ? La richesse de ces textes est immense et je ne vais vous proposer qu’un axe parmi les nombreux possibles.
Cet axe c’est que Dieu ne se présente pas nécessairement de la manière où nous l’attendons. Mieux, il aime à nous faire grandir en liberté et détachement en se présentant autrement que nous pourrions le concevoir. Nous ne pouvons nous empêcher d’avoir une représentation de Dieu, des attentes à son égard et c’est normal. Mais le risque, c’est de croire que notre regard est le seul vrai, que nous possédons la Vérité sur Dieu.
Cette tentation, même Jean Baptiste l’a connue. Il pouvait, certes, s’appuyer sur des textes de la Bible parlant de la colère de Dieu, voire de sa fureur, cela existe en effet. Mais il n’a pas retenu les textes annonçant les temps messianiques comme un temps où les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle. Il a privilégié les textes menaçant les impies des pires punitions. D’où son désarroi devant le Christ qui ne correspond pas à son attente.
Nous pourrions regarder Jean Baptiste avec pitié mais quelle est notre conception de Dieu ? Nous laissons-nous interpeller par les textes bibliques qui ne correspondent pas à notre vision de Dieu ? Savons-nous nous laisser interpeller dans nos modes de vie par la Parole de Dieu ?
En effet, ne nous est-il pas plus spontané d’envisager un Dieu juge qui punit plutôt qu’un Dieu qui vient en aide aux pauvres, aux opprimés, ce qui exigerait alors de nous engager à ses côtés ? En effet, si Dieu vient en aide aux plus pauvres, alors, ne devons-nous pas faire de même si nous prétendons marcher à sa suite ?
Marqués par l’individualisme ambiant, peut-être est-il plus attrayant pour nous d’assurer notre Salut comme on dit encore parfois. Nous nous battons alors pour éviter les flammes dont parle Jean Baptiste plutôt que de nous battre contre les mécanismes qui entretiennent la pauvreté d’une large part de nos contemporains à notre bénéfice.
Je ne veux bien sûr pas faire ici le procès de Jean-Baptiste, il a donné sa vie en témoignant de l’appel à la conversion pour lequel Dieu l’avait envoyé. Il peut être rassurant de savoir que même lui a pu se tromper, douter… Ne jamais se tromper n’est pas une exigence de Dieu pour nous. Le Christ n’est pas venu pour les parfaits mais pour ceux qui ont besoin de conversion et Jean Baptiste a dû, lui aussi convertir son regard.
Frères et sœurs, nous sommes dans une période de crise, on nous le dit assez. Nous percevons bien la fin d’un monde où nous n’étions peut-être pas si mal et l’avènement d’un monde nouveau dont nous ne savons pas trop ce qu’il sera et c’est inconfortable. Il me semble que de plus en plus de voix s’élèvent en faveur d’une remise en cause d’une société où les gagnants ne se préoccupent pas trop des autres. Pourtant, la Bible, Ancien et Nouveau Testament, est très claire sur ces points. Le pape François met la barre assez haut sur ce sujet et nous exhorte à reconsidérer nos habitudes de gaspillage ou d’indifférence aux cris des pauvres.
C’est à l’avènement du Royaume que nous sommes appelés à collaborer et ce n’est pas simple car tout est à inventer. C’est pourtant à cela que l’Esprit Saint nous invite. Le Christ répète souvent que le Royaume est là au milieu de nous. A nous de nous laisser guider par l’Esprit pour trouver les initiatives qui réaliseront concrètement les désirs de Dieu pour notre monde. Non pas désirs de punition et de vengeance dans les flammes, mais désirs de salut pour tous et en particulier pour les plus déshérités. Dans la première lecture Isaïe parlait de vengeance, de revanche de Dieu mais la suite du texte nous dit que cette revanche, c’est de nous sauver, rendre la vue aux aveugles, ouvrir les oreilles des sourds, la bouche des muets, etc… nous sommes loin de nos basses vengeances humaines.
Accueillons un Dieu autre que nous, convertissons notre regard comme Jean a eu à le faire. Alors, la joie de la liturgie de ce dimanche sera la nôtre. - AMEN
Année A - 2ème DIMANCHE DE L’AVENT - 8 décembre 2019
1ere lecture : Isaïe 11,1-10; Psaume 71,1-2 ;7-8 ;12-13 ;17 ;
2eme lecture : Lettre aux Romains 15,4-9;
Évangile selon saint Matthieu 3,1-12
Homélie du F.Matthieu
Aujourd’hui, l’évangile nous met en face d’un homme, un prophète et plus qu’un prophète, Jean le Baptiste, dans le désert. Et il a un message bref mais sans ambiguïté : « convertissez-vous ». Et le texte précise qu’il était annoncé par le prophète Isaïe comme « Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers. »
Voilà notre programme pour ce temps de l’Avent !
Et il faut d’abord nous en aller au désert, non pas au sens matériel mais au sens spirituel : nous retrouver seul face à Dieu et donc d’abord face à nous-même…
Il faut surtout nous reconnaître tel que nous sommes en vérité, et nous le pouvons sous le regard de Dieu, le Dieu de la Bible, le Dieu de Jésus, lent à la colère, plein de d’amour et de miséricorde. Devant un tel Dieu, nous pouvons abandonner nos faux semblants, nos illusions, nos masques… osez reconnaître ce que nous sommes, des pécheurs, radicalement pécheurs au-delà même de notre volonté et de nos désirs, et retombant sans cesse dans notre péché. Oui, à l’encontre des pharisiens et des scribes que Jean le Baptiste interpelle durement, - en nous rappelant le publicain de l’évangile - il faut humblement reconnaître que nous sommes éloignés de Dieu, que nous sommes souvent dans l’indifférence à son égard, qu’il n’est pas nécessaire à notre vie et que nous vivons très bien en le laissant à la place que nous lui avons attribué… au ciel !
MAIS, justement le Dieu de la Bible, le Dieu de Jésus, n’est pas au ciel mais sur notre terre, dans notre vie quotidienne : il nous attend, il nous appelle et il est le seul à pouvoir nous offrir gratuitement ce dont nous avons tant et seulement besoin dans notre misère : le Salut, la vie renouvelée en lui, la joie d’être pardonné… mais c’est encore en chemin !
Tout cela nous a été donné dans les sacrements de l’initiation, le baptême, la confirmation, l’eucharistie… mais c’est en devenir, et cela doit être sans cesse réactualisé, revitalisé en nous : c’est cela la conversion à laquelle nous sommes toujours appelés par ce Dieu de miséricorde et de pardon et spécialement en ce temps de l’Avent.
La conversion : pour bien la comprendre il faut revenir au mot biblique, en hébreu « teshouva » : La racine de ce mot signifie ‘se retourner’, ‘revenir vers la source’ ; c’est ce que font ceux qui viennent recevoir le baptême de Jean Baptiste : ils se détournent de leur vie pécheresse et ils veulent revenir vers la vraie vie que leur manifeste jour après jour la Loi de Dieu.
Le temps de l’Avent est un temps de retour à Dieu, de retour à la source du pardon où la vie a été et est renouvelée. Prendrons-nous le temps de faire, durant ces jours, ce retour au Dieu qui donne la Vie par-delà toute mort ?
Aujourd’hui même, Paul dans la seconde lecture nous indique deux moyens très concrets de cette conversion :
- Lire les livres saints qui ont été écrits pour nous instruire, qui sont là pour nous donner espérance, persévérance et courage. La Parole de Dieu est là pour ouvrir nos yeux d’aveugles et nos oreilles de sourds, pour nous rendre à la vie. Saurons-nous en prendre le temps ?
- Savoir aussi nous accueillir les uns les autres comme Jésus lui-même a accueilli tous les hommes. C’est le respect des autres, c’est le partage avec celui qui a faim et froid, c’est le courage de pardonner à celui qui nous a blessé ; c’est lutter contre tout ce qui peut détruire une personne, un groupe ou une société. Nous pensons à l’égoïsme, l’indifférence, l’injustice sociale, les scandales qui plongent les plus pauvres dans la misère.
Saurons-nous, là-aussi, commencer par balayer devant notre porte ?
L’Avent nous rappelle que Jésus vient aujourd’hui. L’urgence c’est de « préparer le chemin du Seigneur ». La véritable conversion passe par le dépouillement de notre cœur et de notre esprit. Cet appel à nous convertir s’exprime à travers des choix très concrets : « Rendez droits les sentiers », nous recommande Jean le Baptiste, la Voix de Dieu.
Ce temps de l’Avent nous invite à revenir à l’évangile pour réapprendre à voir le monde, et d’abord nous-mêmes, avec le regard de Dieu, un regard plein d’amour et d’espérance.
Avec le Christ, nous pouvons être sûrs que le mal n’aura jamais plus le dernier mot. C’est l’amour qui est vainqueur et qui donne la vraie Vie pour toujours. - 8 décembre 2019
Année A-1er.- Dimanche de l'Avent- 1 décembre 2019
lsaïe 2,1-5 Romains 13, ll-14a Matthieu 24, 37-44
Homélie du F.Antoine
Frères et Sœurs, Dès ce 1er jour de 1'année liturgique, le texte de 1'Evg fait preuve d'un grand dynamisme ... d'une grande confiance en l'homme!
Sans préambule, Il nous lance dans une immense fresque, Il nous projette dans les débuts de 1'humanité avec Noé pour nous lancer vers cette venue définitive du Fils de l'homme gui marquera la fin des temps.
Dans ce parcours Jésus nous fait des mises en garde, des mises en garde gui concernent des dangers gui nous guettent, des dangers gui nous sont bien contemporains.
Le premier: C'est de vivre en ne se doutant de rien... rien de tout ce gui a été annoncé, précisé par les Prophètes... Au temps de Noé , on buvait, on mangeait et ce fut l'horreur du Déluge. Seul Noé fut sauvé... Seul Noé avait vécu selon les avertissements divins.
Le deuxième: est la conséquence d'un des mystères les plus épais de l'Evg, le mystère de la venue du Sgr. ..l'année, le jour, l'heure... nul ne les connaît, ni les anges des cieux ni Jésus lui-même le Fils du .Père. D'où le danger réel de ne pas y penser, d'où
]'avertissement pressant du Seigneur « Veillez donc, car vous ne savez pas quel jour le Sgr vient ... Veillez, tenez- vous prêts, c'est à l'heure où vous n y penserez pas que le Fils del 'homme viendra ! »
Veiller, voilà le mot essentiel de cet Evg. Veiller n'est pas rêver, c'est attendre, c'est être en mangue, de quelque chose ou de quelqu'un.
Veiller c'est désirer.. espérer... entrer dans une longue marche...
Veiller c'est entrer en pèlerinage, c'est se battre contre un certain assoupissement de la foi ... c'est résister à une sorte de demi-sommeil permanent, c'est sortir d'une vie spirituelle devenue comme anesthésiée où nous sommes plus ou moins fatigué de prier, de chercher à s'adresser à un Dieu qui nous semble, loin, si loin et de devenir ... des cœurs au bois dormant gui attendent que le Prince vienne nous réveiller.
* C'est à nous seul qu'il revient de prendre au sérieux l'appel de Dieu.. à nous seul qu'il revient de décider à ouvrir la porte de nos désirs. Le vrai désir est tranchant, le vrai désir ouvre le cœur, il fait traverser la nuit des épreuves
* Nous sommes des êtres de désirs... libres entre les mains de Dieu et désirant vivre comme la bien-aimée du Cantique des cantiques « Je dors mais mon cœur veille »
Dieu aussi est désir ... il nous désire... il nous attend ... il veille sur nous.. il nous propose déjà en ce premier dimanche de ]'Avent, d'ouvrir nos yeux et de diriger notre regard vers la lumière de l'étoile de Noël. ....
Année C -HOMÉLIE CHRIST, ROI DE L’UNIVERS - 23 nov 2019 –
Sam 5 1-3 ; Col 1 12-20; Luc 23 35-43;
Homélie du frère Hubert
« Dieu est roi » « Le Seigneur est roi » chantent souvent les psaumes du roi David.
David est roi, mais le vrai roi d’Israël, c’est le Dieu de l’Alliance, le Dieu vivant.
Après la Pâque du Messie, Jésus de Nazareth, ses disciples proclament non seulement :
« Dieu est roi. », mais : « Jésus est Seigneur », « Le Christ est roi. ».
Jésus de Nazareth, vrai homme et vrai Dieu, est le vrai roi, le Seigneur de l’univers,
vainqueur de toutes les puissances du mal par le don de sa vie.
En lui, non seulement Dieu est roi, mais l’homme aussi est roi.
Il est roi de la manière dont Dieu est roi.
Jésus nous révèle de quelle manière Dieu est roi, de quelle manière il nous appelle à être rois :
en étant vainqueur de toute puissance autre que celle de son amour.
Jésus s’est fait esclave, il a pris la place des pécheurs,
pour nous sanctifier et nous donner sa royauté en partage.
« Le vainqueur, je lui donnerai de siéger avec moi sur mon trône, comme moi aussi
j’ai remporté la victoire et suis allé siéger avec mon Père sur son trône. »
Le Fils unique, le Messie, l’Elu, - l’Innocent - ,
est mort sur une croix comme un malfaiteur, entre deux malfaiteurs,
pour que les malfaiteurs que nous sommes, deviennent innocents et partagent sa royauté.
C’est là le mystère du dessein bienveillant de Dieu :
« Dieu a voulu tout réconcilier par le Christ et pour lui,
faisant la paix par le sang de sa croix, la paix pour tous les êtres. »
« Nous arrachant au pouvoir des ténèbres,
il nous a fait entrer dans le Royaume de son Fils bien-aimé. »
Le premier dans ce Royaume est un malfaiteur,
crucifié fortuitement à côté de Jésus.
Il y en avait deux. Un de chaque côté de Jésus.
L’un se révolte et se range, avec les chefs et les soldats, du côté du Satan tentateur :
« N’es-tu pas le Messie ? Sauve-toi toi-même et nous avec ! »
Mais l’autre, reconnaissant qu’il mérite sa mort, s’ouvre à celui qu’il reconnait comme innocent.
Alors les portes du paradis s’ouvrent devant lui,
Jésus l’emmenant avec lui dans le « Paradis », le Royaume qu’il reçoit de son Père.
A quelqu’un qui lui avait demandé : « N’y aura-t-il que peu de gens à être sauvés ? »
Jésus avait répondu : « Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite. »
Il ne suffit pas d’avoir mangé et bu en sa présence,
d’avoir été sur les places où il a enseigné,
ni même d’avoir été son compagnon de supplice.
Il faut avoir ouvert son cœur à son innocence,
adhéré à la puissance salvatrice de sa sainteté de Fils, de Messie.
Voilà le choix face auquel nous sommes toujours placés :
accueillir ou de refuser Celui qui nous sauve.
Aujourd’hui, Celui qui meurt sur la croix est Celui sur lequel repose l’Esprit du Seigneur,
celui qui a été consacré par l’onction pour annoncer la Bonne Nouvelle aux pauvres.
Son amour, que rien ne peut prendre en défaut, est plus fort que tout
et n’est vaincu par aucune puissance.
Dieu aime librement. Jésus aime librement. Son alliance est sans faille.
Là est le salut de tous. Là est sa royauté.
Lévi se levant de son bureau, la pécheresse inondant ses pieds de ses larmes,
Zachée ouvrant tout grand ses portes,
le samaritain lépreux prosterné à ses pieds en rendant grâce,
le larron le suppliant de se souvenir de lui,
ceux-là ont tout compris et nous montrent le chemin.
Que le règne du Christ, notre Sauveur, s’accomplisse en nous
et en toute l’humanité qui est sienne,
« règne de vie et de vérité, règne de grâce et de sainteté,
règne de justice, d’amour et de paix ».
« Notre Père qui es aux cieux, que ton règne vienne ! »
Christ, Verbe fait homme, que ton règne vienne !
« Amen :Viens, Seigneur Jésus ! »- 24 Novembre 2019