« St Benoît distingue quatre espèces de moines ; volontiers je dirai qu’il y en a autant que de monastères. Nos différentes communautés sont bien diverses dans les us et coutumes, même à l’intérieur d’une congrégation ; même s’il y a des familles d’esprit, de sentir vis-à-vis de la Règle, nos monastères sont façonnés par le lieu, les coutumes, les frères, les abbés ; en un mot par la vie locale.
Chaque moine aime sa communauté, sa tradition et ses coutumes ; nous n’aimons pas être critiqués, ridiculisés par un journaliste de plus ou moins bonne foi. Peut être qu’il faudrait avoir cette délicatesse fraternelle, non seulement entre frères, mais encore entre communautés. »Ne pas juger » nous dit le Christ.
Ne pas trainer dans la poussière une communauté parce qu’elle vit comme ceci ou comme cela. Ce n’est pas notre sensibilité monastique, ni nos choix ecclésiaux, il est légitime de le dire ; il est inutile d’en rajouter, ou même de médire. D’autant que généralement nous parlons plutôt par oui dire que par expérience longue.
Nous savons très bien que le pont aux ânes de la persévérance, n’est pas dans l’observance (horaire alimentation, confort, silence, travail) ; mais dans la vie commune, le vie fraternelle (se porter les uns les autres, vivre ensemble toute une vie dans la stabilité à une communauté), et la prière (écouter un Dieu qui ne parle jamais, ou tout au moins dont la parole incessante ne nous dit rien pour le quotidien). Et cette vie commune et cette prière existent dans toutes nos communautés.
Partout il y a des frères qui persévèrent dans ce combat, ils n’ont pas moins de mérite que nous. Les chartreux n’ont pas plus de mérite que nous.
Ayons une charité attentive entre nos monastères, comme à l’égard de toutes les communautés chrétiennes. Mieux vaut s’encourager à vivre la vie chrétienne que semer la zizanie. »