« Un frère me disait un jour que ce n’est pas forcément dans les grandes choses ou les grandes orientations de la vie que l’obéissance est difficile à vivre, mais souvent au contraire dans les petites : un service demandé, un remplacement à faire sur-le-champ, un frère à aller chercher ici ou là. Dans ces petites choses, il semble parfois surgir comme un mur, une impossibilité. Et alors, pour le frère, la chose est “impossible”. La barre de “l’impossible” ne se situe pas forcément à une grande hauteur !
Comme le suggère ce chapitre, il est toujours prudent de vérifier de quelle impuissance il s’agit. Est-ce qui est une forme de résistance, comme pour mieux s’affirmer devant le frère qui demande quelque chose ?. S’agit-il d’une impuissance qui masque un désir d’être reconnu ? Il peut être bon de faire le point sur soi-même, surtout si de telles situations se reproduisent et que les refus s’accumulent. Il peut être bon d’en parler avec un père spirituel, pour ne pas être dupe de soi-même. Cette prétendue impuissance ne serait-elle pas un verrou qui m’empêche d’être libre ?
Mais ce petit chapitre nous dit peut-être, encore plus fondamentalement, que notre impuissance à nos propres yeux n’est pas forcément un obstacle à notre vie humaine ou spirituelle. L’impuissance peut-être le lieu le plus vrai à partir duquel nous pouvons obéir. L’obéissance à une parole est toujours un appel à sortir de soi, à s’aventurer sur un chemin inconnu. L’appel reçu invite au dépassement de soi, de ses idées sur soi-même ou sur les autres, pour oser aller vers d’autres horizons. N’ayons pas peur, d’emblée, de notre impuissance ! Que le Seigneur nous aide à la regarder comme le lieu où son secours nous est offert. »