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SUR LA REGLE DE SAINT BENOIT

Chapitre 7, Versets 49 à 50
DE L'HUMILITÉ

49. Le sixième degré d'humilité est que le moine se contente de tout ce qu'il y a de plus vil et de plus abject, et que, par rapport à tout ce qu'on lui commande, il se juge comme un ouvrier mauvais et indigne,

50. en se disant avec le prophète : « J'ai été réduit à néant et je n'ai rien su. J'ai été comme une bête brute auprès de toi et je suis toujours avec toi. »

Commentaire de Père Abbé Luc

Plus le moine monte sur l'échelle de l'humilité, plus il descend en son propre cœur. Deux traits ressortent de·ce degré entendus ce matin: l'humilité donne la capacité d'accepter le réel difficile sans en être révolté; l'humilité permet une meilleure connaissances de son néant fondamental
L'humilité donne la capacité d'accepter le réel difficile: « le moine se contente de ce qu'il y a de plus vil et d'abject ». Se contenter ou exiger ? Se contenter ou manifester sa susceptibilité ? Ce 6° degré donne ici un indice fort, un petit baromètre portatif, pour mesurer combien l'humilité est souvent encore loin devant moi. Au lieu de me contenter,je me rebiffe, au lieu d'accepter les évènements,je m'énerve ouje m'irrite. Le réel gui contrarie mes projets ou mes désirs me prend à rebrousse-poil, me surprenant à vouloir que tout soit conforme à mes désirs, que tout colle à ce que je projette, que les autres viennent me conforter. J'oublie que je ne suis gu 'une infime partie de la réalité. Un être fragile qui passe. J'oublie que je reçois tout et que je n'ai rien à exiger. Le moine qui se contente de ce qu'il y a de plus vil et abject est capable de vivre avec lui-même, sans avoir besoin de la reconnaissance des autres, sans leur approbation. Il peut habiter avec lui-même, caché aux yeux des autres. Pour tendre vers ce lieu de liberté avec soi-même, nous pouvons profiter des petites occasions que nous offre la vie quotidienne : ne pas s'offusquer qu'un frère me coupe la parole, prendre le petit bout de fromage ou de pain laissé par tout le monde, accepter le vêtement qu'on me donne, consentir à laisser les autres parler sans être triste de ne pouvoir en placer une ...
L'humilité permet une meilleure connaissance de son néant fondamental. « Le moine se juge comme un ouvrier mauvais el indigne, en se disant ... je suis réduit à néant comme une bête brute ... etje suis toujours avec toi». A ce niveau, il ne s'agit pas de dépréciation de soi au regard d'un idéal qu'on ne peut atteindre, mais plutôt d'une reconnaissance foncière de son néant. Que pouvons-nous prétendre être par nous-même ? Devant Dieu qui est, et qui est bonté, l'humilité nous fait reconnaitre l'abime gui nous en sépare. Et dans le même temps, l'humilité loin d'être dépréciation de soi devant soi, est totale remise de soi à Dieu. Dans la conscience de n'être rien devant Dieu, le moine à la suite du psalmiste (72) peut dire «je suis toujours avec toi». Il a tellement conscience de n'être rien sans Dieu, qu'éclate à ses yeux la forte conviction d'être toujours avec Dieu, toujours se recevant de lui, n'existant que par lui ...